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La Maison des Ferrère

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Conseil Général des Hautes Pyrénées

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Commune d'Asté

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Les territoires du Baroque Pyrénéen

Le Baroque a été présent, avec des variations locales, dans toutes les Pyrénées, sur le versant français comme sur le versant espagnol, et de l’Atlantique à la Méditerranée.

Le Pays Basque français présente des affinités avec l’art des Pyrénées Centrales, mais reçoit aussi, surtout dans le Labourd, des influences venues de l’art des marins basques qui ornaient leur proue et les linteaux du carré. Dans les ports, la composition de vastes retables puise des racines dans le baroque espagnol tout proche. Les églises basques sont dotées de galeries superposées en bois sculpté qui confèrent un caractère spécifique aux intérieurs, la sculpture du retable se prolongeant dans les garde-corps latéraux.

Le Béarn a connu une plus forte présence de l’architecture baroque, autour de l’abbaye de Sarrance, de son clocher à flancs courbes, de son cloître à deux étages. Le mobilier baroque béarnais est marqué par l’œuvre des Dartigacave, dynastie de Lescar, et des Giraudy, mais le tarbais Jean Brunelo y a été également très actif. Des châteaux dans les vallées et le piémont développent une grande richesse mobilière profane.
La Bigorre est décrite plus en détail dans le chapitre « présentation ». Au centre des Pyrénées françaises, elle est aussi au centre du baroque pyrénéen, elle est son expression la plus classique, autour de l’œuvre des Ferrère.
Le Comminges, diocèse indépendant de la Bigorre au temps de la flambée baroque, est proche de celle-ci, mais l’œuvre majeure que constituait Saint-Bertrand de Comminges, ses stalles et son jubé Renaissance ont marqué les esprits et entraîné la production de mobiliers Renaissance dont de très beaux témoins sont encore présents, tandis que des pièces sont réintégrées dans les retables baroques.

Le Couserans est richement doté en mobilier baroque que l’on découvre souvent implanté dans des églises d’architecture baroque à Massat, au Mas d’Azil, à Caumont, marquées par des frontons en accolade, des clochers tors ou à bulbe. On peut citer le mobilier de Saint Lizier, les peintures de Vic d’Oust, le retable d’Ax-les Thermes. Les artistes de l’Ariège sont à ce jour à peu près inconnu, de nombreuses archives ayant été détruites.

La Catalogne venait juste d’être rattachée à la France par le Traité des Pyrénées de 1659 quand la sculpture baroque s’y est développée. Ses principaux artistes étaient souvent originaires de la partie maintenant espagnole, et l’art en porte la trace, par l’ampleur et la richesse de son décor – retables de Prades, de Collioure, casaril de Font Romeu, ensemble de Corneilla de Conflent-, sans toutefois l’abondance des ors ramenés des Amériques par les espagnols. Le centre d’Art Sacré d’Ille sur Têt en est un très bel exemple et un centre de ressources remarquable.


Le versant sud des Pyrénées présente à la fois des analogies avec le versant français, mais aussi des différences découlant de la culture du pays et de son histoire.
La marque du baroque espagnol, puissant, de grande échelle, très richement sculpté dans chacune de ses parties, entièrement doré, se rencontre d’un bout à l’autre de la chaîne, surtout dès que l’on est dans des villes ou de puissants monastères. La monarchie espagnole a adopté le baroque, les Jésuites se sont développés dans le pays d’où ils étaient originaires, et cet art y a été enrichi par l’or des Amériques ramené au XVIIème siècle. Par ailleurs, l’Espagne n’a pas connu les guerres de religion qui ont détruit en France une grande partie de l’art des époques précédentes dans les régions où le conflit a été le plus dur. En revanche, la guerre civile a détruit une partie importante du mobilier de certaines régions.
Ainsi, la Catalogne espagnole a été marquée par des dynasties de sculpteurs - les Sunyers, les Generès- qui ont également produit le mobilier dans le Roussillon que le traité des Pyrénées venait de rendre français.
L’Aragon connaît dans les villes de piémont un baroque exubérant et chargé d’or….mais les communautés de montagne ne recevaient que faiblement cette manne et on y retrouve des décors peints qui rappellent le versant nord, souvent sur des compositions comparables.
La Navarre, un des noyaux de la couronne espagnole, fut gagné par les franquistes dès le coup d’état de Franco et donc épargné par les combats-, elle a gardé un mobilier monumental superbe, extrêmement riche. L’influence des Churriguera se fait sentir, tout comme dans le pays basque espagnol, à travers de nombreux grands artistes.
Au Pays Basque espagnol, on sent moins d’austérité montagnarde dans ces territoires qui bénéficièrent du siècle d’or, richesse encore présente aux siècles du baroque, et des larges échanges favorisés par la navigation des marins basques à travers le monde, et notamment l’Amérique latine. L’hommage rendu par l’église à saint Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites, a suscité l’édifice exceptionnel d’Azpeitia, œuvre du grand architecte romain Fontana, dont la monumentalité est étrange dans sa petite vallée basque.
 

Le tabernacle de Riscle dans le Gers

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