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La Maison des Ferrère

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Conseil Général des Hautes Pyrénées

CCHB

Commune d'Asté

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Les Artistes

Les Ferrère et autres sculpteurs

Asté a été pendant un siècle et demi le principal centre artistique du Baroque dans les Pyrénées occidentales et centrales. En effet, la dynastie des Ferrère y eut son atelier, de 1647 jusque vers 1800. Ces quatre sculpteurs furent les plus connus en leur temps dans la région, et nous ont laissé de nombreuses œuvres dans les églises des Hautes-Pyrénées, mais aussi dans les départements voisins. Leur œuvre nous est très bien connue grâce au travail de recherche de Françoise-Claire Legrand, historienne de l’art, qui fut présidente d’honneur de l’association.

Jean Ferrère , fondateur de la dynastie, a travaillé durant toute la deuxième moitié du XVIIème siècle ; sa sculpture encore naïve, intègre de charmantes scènes de vie quotidienne locale dans les sujets religieux ; il met au point et diffuse le principe des retables pyrénéens (Grailhen, Esparros,Vielle-Adour, Sère-Rustaing…) et construit de magnifiques tabernacles (Pouzac, Guchen, Bourisp, cathédrale de Tarbes ….) qui sont de véritables maquettes d’architecture dorées. Ses compositions religieuses présentent de riches lectures des textes chrétiens.

Son fils Marc prend la suite dans la première moitié du XVIIIème siècle. C’est un grand sculpteur, formé notamment à Versailles et Paris, qui laisse des retables parfaitement composés, comme à Campan, Beaudéan, Bordères-Louron, Ancizan, ou encore à Poueylaün (Arrens)… Ses tabernacles sont particulièrement théâtraux, organisés en amphithéâtre autour du coffre ( Beaudéan, Orignac).

Deux frères, Jean (dit Jean II) et Dominique prennent la succession de Marc dans la deuxième moitié du XVIIIème. L’œuvre de Jean II est plus classique, dans la composition et dans la décoration ; elle est présente en particulier à Asté même où il refait tout le mobilier de l’église après l’incendie de 1755. Jean II est également l’auteur du retable d’Antist, récemment restauré, de celui d’Auriébat, d’Allier,… Lecteur de Jean-Jacques Rousseau, il participe à la vie religieuse, politique et intellectuelle de son temps.

Dominique réalise des sculptures très élégantes, souples et aériennes, qu’il met en scène dans des retables ou des tabernacles où il aime utiliser le baldaquin (Orignac, Lézignan, Fos, Andrest, Aulon …). Devenu tarbais, il sera l’un des principaux élus de la ville pendant la Révolution.

Plusieurs autres sculpteurs ont travaillé pendant cette riche période. Asté abrita également une autre dynastie de sculpteurs, moins durable mais aussi d’excellente qualité : celle des Soustre. Le village comptait également un atelier de doreur, et un fondeur de cloches. Il développait ainsi une véritable économie culturelle. D’autres ateliers étaient implantés dans la région : qu’ils soient locaux comme les Claverie à Lourdes, ou les Dartigacave à Lescar,) ou originaires d’autres régions (le charentais Brunelo à Tarbes, les Toulousains Marc Arcis à la cathédrale de Tarbes et Pierre Affre à Garaison, le montpelliérain Simon Boisson à Vic-en-Bigorre,…). Avec les Ferrère, ils ont laissé un très riche patrimoine mobilier dans plus de 150 églises des Hautes -Pyrénées, mais aussi dans les contrées voisines. Les autres départements pyrénéens, d’un bout à l’autre de la chaîne, de Catalogne au Pays Basque connurent la même richesse. Par ailleurs, dans les maisons bigourdanes, de nombreuses portes, des galeries ouvragées, des cheminées, des têtes de rampe sculptées prolongent cet art chez les particuliers ; des châteaux, des évêchés présentent des richesses particulières.
 

Le retable d'Asté

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