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La Maison des Ferrère

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Conseil Général des Hautes Pyrénées

CCHB

Commune d'Asté

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Le Baroque en Haute-Bigorre

 Bien qu'éloignée des grands centres culturels et artistiques, la Bigorre participe au renouveau de l'art religieux. Au XVIIème et XVIIIème siècles, l'art baroque s'impose dans les édifices cultuels d'autant plus facilement qu'après les guerres de religion, particulièrement destructrices dans notre région proche du Béarn calviniste, tout est à reconstruire.
Certaines zones comme Bagnères-de-Bigorre et le Haut-Adour sont épargnées. L'Eglise aura cependant à cœur d'y renouveler le mobilier pour le mettre en accord avec les directives du concile de Trente.

Dans ce contexte, une famille de sculpteurs, installée à Asté va s'illustrer par sa virtuosité et la connaissance de cet art parti de Rome qui va envahir progressivement toute l'Europe. En France, l'art baroque d'abord tempéré de ce classicisme versaillais cher à Louis XIV, s'épanouira sous le règne de LouisXV dans ce qu'il est convenu d'appeler le rococo ou « style Pompadour ».

C'est à Asté, ravissant village pyrénéen, proche de Bagnères-de-Bigorre, que s'installe Jean I Ferrère, le fondateur de la « dynastie » qui va réaliser une grande partie des ouvrages baroques de la Bigorre. L'atelier, fondé en 1647, va très vite prospérer pour atteindre son apogée au XVIIIème siècle. Le village devient un foyer artistique important dont le rayonnement dépasse les frontières du département. Menuisiers, sculpteurs, doreurs s'adonnent à leur art dans l'orbite de l'atelier Ferrère. L'atelier des Soustre, en particulier, produit pendant la deuxième moitié du XVIIème et le début du XVIIIème une oeuvre dont la qualité ne le cède en rien à celle des Ferrère.

Jean I introduit en Bigorre un modèle qui avait cours partout en France et dont il avait probablement connaissance par des recueils de gravure ou par le foyer toulousain. C’est celui de la façade portique d’inspiration baroque, retable architecturé à un seul étage sur un double soubassement, complété par un attique très développé. Modèle qu’il va retranscrire dans les tabernacles qui vont prendre la forme de retables en miniature. Jean Ier travaille en Bigorre mais aussi dans son Comminges natal. Il subsiste quelques retables intacts à Vielle-Adour, Grailhen ou Esparros.

Son fils, Marc (vers 1674-1758) reprend l’atelier à partir de 1706. Il fait son apprentissage à Toulouse auprès du sculpteur François Thierry. Comme son père, il utilise le retable à trois volets mais il leur donne plus d’animation en incurvant les panneaux latéraux, en décrochant fortement les colonnes centrales et en cintrant l’entablement pour surhausser le tableau ou le relief central. Il semble bien connaître les ornemanistes parisiens de la fin du règne de Louis XIV et de la Régence. Il introduit une élégance et une légèreté nouvelles en rupture avec la surcharge décorative des œuvres du XVII° siècle. Sa statuaire est d’excellente qualité. Il introduit un nouveau modèle de tabernacle : un coffret isolé entouré d’une enveloppe en hémicycle. Les plus beaux retables de Marc se trouvent à Beaudéan, Gerde et Campan.

Jean II (1718-1795), fils et successeur de Marc, est celui dont on peut le mieux suivre la carrière grâce au Livre de Raison qu’il a laissé. Il reprend les principes des retables de son père mais assure une transition vers un art plus classique : à Auriébat, il emploie pour la première fois des colonnes lisses. A la cathédrale de Tarbes, il exécute son premier décor de marbre. Il introduit des motifs rocaille dans les cartouches, les encadrements de marbre, les décors sculptés des chaires et des confessionnaux. Ses tabernacles évoluent vers un style de coffret vertical très sobre généralement encadré de deux anges orants. Retables d’Auriébat, Antist, Asté …

Dominique (1723-1808), fils cadet de Marc, est le dernier sculpteur de la famille. Avant son installation à Tarbes en 1755, on sait qu’il a traité avec le facteur Lépine pour le buffet d’orgues de Lodève. Il introduit un type de retable nouveau associé à un baldaquin (ex : Séméac) qui connaît un grand succès. L’espace ainsi ouvert laisse place à une Assomption. Il réalise également des baldaquins isolés (Andrest) formant hémicycle autour de l’autel. Dans les retables plats, il couvre les surfaces de panneaux rectangulaires en faux marbre de couleur (Camales). L’agencement est sévère : rigidité des lignes, décor réduit. Aux extrémités, les palmes remplacent les ailerons. Pour les tabernacles, il inaugure deux nouveaux modèles :
- le premier est un coffre assez haut, surmonté d’une table d’exposition encadrée par les symboles des Evangélistes et inscrit dans un hémicycle sur lequel s’agitent des angelots.
le second qui prend aussi la forme d’un coffre vertical, est cantonné de deux larges volutes qui portent chacune un ange adorateur à la hauteur de la table d’exposition.

On trouve ainsi dans les églises de la Haute Bigorre de superbes ensembles retables et tabernacles, généralement complétés de mobilier comme les chaires, les confessionaux, les fonts baptismaux. Certains villages, qui ont vu leur mobilier principal remplacé, ont gardé des éléments de belle qualité, un tabernacle, des fonts baptismaux. Le musée Salies à Bagnères contient également un autel et un tabernacle des ateliers des Ferrère et des Soustre.

La Maison des Ferrère et du Baroque pyrénéen, située à Asté, face à l'église, propose une exposition permanente qui permet de découvrir la richesse exceptionnelle du patrimoine baroque bigourdan. Elle est en même temps un point de départ pour des visites d'églises.

 

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Heures d'ouverture :

*Du 1° juin au 14 juillet et du 15 août au 30 sept. : mercredi et dimanche après-midi.
*Du 14 juillet au 15 août : mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche après-midi.

Toute l'année, possibilité de visites (Maison des Ferrère + églises) pour des groupes, sur rendez-vous.
Tél : 05 62 91 68 96 

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